Graphic Design, objet, scenography - 2015

Manifestum

Consortio

L’Echelle infinie, le jeu de l’espace et du temps

 

La recherche
Les points de départ de ma réflexion étaient l’expérimentation et le travail des plantes médicinales, la classification et la collection, les codes sociaux visant à organiser l’espace de la ville et de la communauté, le mouvement des foules, les connexions et réseau établies entre les individus. Je choisis d’axer mes recherches autour de l’univers de l’apothicaire, des systèmes de classification, et des déplacements humains, particuliers à chaque lieu.
J’ai pu constater de grandes similitudes entre le système de classification du tableau périodique des éléments et le système de classification d’un apothicaire. Chaque élément dispose d’une place particulière, dans une case, et chacun représente une partie de la réalité du monde. On a alors deux échelles de grandeur.


J’ai ensuite réintégré à mon raisonnement la notion de brocante et de grande diversité des commerçants et des objets vendus. La notion de classification s’est encore une fois révélée lorsque je pris conscience du plan du marché Dauphiné : des cases numérotées définissant des espaces où des objets particuliers à chaque commerçant étaient déposés. Une troisième échelle était alors à prendre en compte.

 

 


L’idée
Il s’agissait donc d’utiliser l’objet banc en tant qu’outil pour faire le lien entre l’espace du marché, son propre corps et la partie microscopique du monde avec le tableau périodique des éléments atomiques. Ce jeu d’échelles pousse à prendre conscience de la diversité physique et conceptuelle du monde dans lequel nous évoluons. Je choisis donc de représenter le plan du marché Dauphiné et le tableau de classification périodique dans une composition graphique sur le dossier du banc, et développer un design global autour de la classification.


Le banc, espace de partage et objet important d’une communauté, prend ici la forme d’un manifeste. Il revendique une vision du monde plus vaste en englobant une plus grande partie de l’univers que ce que les habitudes humaines nous poussent à percevoir. Nous vivons généralement à notre échelle, l’échelle humaine, hormis lorsque nous regardons les étoiles ou observons un élément microscopique. Le banc pousse à jouer avec trois échelles : allant de l’infiniment petit avec le tableau de classification périodique, à l’échelle du bâtiment du marché de saint Ouen, en passant par le banc et donc l’échelle humaine. On a alors trois façons de voir le monde, et le marché Dauphiné.


L’espace de l’atome et celui du brocanteur est le même, il ne s’agit que d’un changement d’échelle. On peut alors penser que nous ne sommes que des éléments faisant parti d’un univers particulièrement vaste, que nous tendons à organiser, classifier, afin de mieux pouvoir appréhender ce qui nous entoure et les limites de notre propre monde. La classification permet d’établir ces limites afin de pouvoir vivre et nous repérer dans un univers infini.